Cancers pédiatriques : de l’intérêt de l’ADN tumoral circulant pour le neuroblastome

Etablir un diagnostic précis à partir d’une simple prise de sang, chez les jeunes enfants atteints de neuroblastome, tel est l’enjeu des dernières recherches des équipes de Gudrun Schleiermacher à l’Institut Curie et de Valérie Combaret du Centre Léon-Bérard à Lyon.

 

Spécialistes du neuroblastome, la tumeur maligne solide extra-cérébrale la plus fréquente du jeune enfant, la pédiatre Gudrun Schleiermacher et son équipe de recherche (https://siric.curie.fr/actualite/vie-des-equipes/recherche-translationnelle-en-oncologie-pediatrique-rtop) créée grâce à la labellisation Site de recherche intégrée sur le cancer (SIRIC) de l’Institut Curie étudient tous les aspects pouvant améliorer le prise en charge de ce cancer qui touche chaque année en France 130 à 150 enfants.

Améliorer le diagnostic grâce à l’ADN tumoral circulant

Le traitement de cette tumeur pédiatrique dépend de quatre critères principaux : l’âge de l’enfant au diagnostic, le stade d’extension, la possibilité d’une chirurgie de la tumeur primitive, ainsi que le profil génomique des cellules tumorales,  y compris l’amplification du gène MYCN. En effet la présence de multiples copies de ce gène est associée à un risque élevé de développer des métastases. En absence d’une amplification du gène MYCN, la présence de cassures sur les bras chromosomiques (altérations chromosomiques segmentaires) est également associée à un risque plus elevé de rechute. Pour preuve, le protocole européen, LINES, actuellement en cours vise à adapter l’intensité des cures de chimiothérapies en fonction du profil génomique chez les enfants atteints de neuroblastome.

« Le plus souvent, cette analyse est effectuée à partir des prélèvements obtenus par biopsies de la tumeur elle-même. Dans de rares cas, il est impossible d’effectuer ce geste invasif chez les jeunes enfants, explique Gudrun Schleiermacher. Grâce à une collaboration avec l’équipe Valérie Combaret du Laboratoire de Recherche Translationnelle du Centre Léon-Bérard à Lyon, nous avons pu montrer qu’il est désormais faisable d’effectuer un profil génomique tumoral à partir de l’ADN circulant tumoral dans le sang des jeunes patients. » Suite à un phénomène de dégradation des cellules, une partie de leur matériel génétique (ADN libre circulant ; cfDNA,) se retrouve dans le sang. Cet ADN « libre » contient une fraction d’ADN provenant de cellules tumorales (ADN circulant tumoral, ctDNA)est accessible à partir d’une simple prise de sang. Dans 97 % des cas, les données obtenues à partir du ctDNA sont concordantes avec les analyses classiques sur les prélèvements tumoraux. Ce biomarqueur apporte en outre des informations supplémentaires relatives à l’hétérogénéité :

  • tumorale : l’ensemble de la masse tumorale n’est pas identiques, il existe en quelque sorte des sous-groupes de cellules plus ou moins agressifs.
  • spatiale : le profil génomique évolue au cours du temps au fil des divisions cellulaires. Certaines cellules tumorales acquièrent de nouvelles altérations rendant par exemple possible leur dissémination.

L’analyse du ctDNA apparaît comme un substitut pour établir le profil génomique du neuroblastome, dans les cas où un acces à la tuemur elle-même ‘nest pas possible, ou pour suivre l’evolution des biomarqueurs, des prélévements repetés de la tumeur n’etant pas possible. En outre il donne accès à l’hétérogénéité de la tumeur, laissant entrevoir d’intéressantes perspectives pour mieux évaluer son agressivité potentielle.

 

Genomic copy number profiling using circulating free tumor DNA highlights heterogeneity in neuroblastoma

Mathieu Chicard, Sandrine Boyault3, Leo Colmet Daage, Wilfrid Richer, David Gentien, Gaelle Pierron, Eve Lapouble, Angela Bellini, Nathalie Clement, Isabelle Iacono, Stéphanie Bréjon, Marjorie Carrere, Cécile Reyes, Toby Hocking, Virginie Bernard, Michel Peuchmaur, Nadège Corradini, Cécile Faure-Conter, Carole Coze, Dominique Plantaz, Anne Sophie Defachelles, Estelle

Thebaud, Marion Gambart, Frédéric Millot, Dominique Valteau-Couanet, Jean

Michon, Alain Puisieux, Olivier Delattre, Valérie Combaret, Gudrun

Schleiermacher

Clinical Cancer Research, reference à completer.

 

En savoir plus sur le neuroblastome

http://curie.fr/fondation/cancers-enfant-neuroblastome

 

Cette étude est le fruit d’un travail collaboratif international entre médecins et chercheurs. En plus des soutiens publics, elle a par ailleurs été largement financée en France par la générosité publique, l’Association Hubert Gouin « Enfance et Cancer », l’Association « Enfants et Santé », des associations de patients et les fondations Annenberg et Nelia and Amadeo Barletta.

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