Projets 2013

Dr Isabelle Janoueix, Institut Curie - Paris 35'000€

Appel d’offre SFCE 2013 (Société Française du cancer de l’enfant)
Modifications épigénétiques dans le neuroblastome
Le neuroblastome (NB) est la tumeur solide extra-crânienne la plus fréquente chez le jeune enfant et est responsable de 15% des décès liés au cancer chez l’enfant. Le NB se caractérise par une grande hétérogénéité clinique et génétique. L’âge au diagnostic et le stade de la maladie sont des marqueurs pronostiques importants. De plus, nous avons montré que le profil génomique apporte une information prognostique en plus des marqueurs cliniques.
Deux oncogènes majeurs ont été identifiés dans le NB : le gène MYCN 1 qui est amplifié dans environ 25% des cas de NB et le gène ALK 2,3 muté dans environ 8% des tumeurs sporadiques. A l’exception de ces deux gènes, peu d’altérations récurrentes ont été identifiées dans ce type tumoral. Des délétions chromosomiques des gènes de remodelage de la chromatine (l’ADN qui forme une structure complexe avec des protéines soumise à des modifications chimiques), ARID1A et ARID1B, ont été récemment identifiées dans un sous-groupe de NB et ont été associées à un mauvais pronostic 4. Par ailleurs, il a été montré que des niveaux élevés des protéines impliquées dans la compaction de la chromatine (EZH2 et BMI1) sont associés avec le développement du NB 5,6. Nous faisons donc l’hypothèse que les modifications de la structure chromatinienne (modifications épigénétiques) peuvent jouer un rôle important dans la survenue de cette tumeur.
L’hypothèse que les mécanismes épigénétiques sont impliqués dans l’oncogenèse a été déjà explorée pour d’autres cancers. Notamment, la répression ou l’activation d’expression des gènes liée aux modifications épigénétiques (i.e., aux modifications chromatiniennes) a été démontrée pour les tumeurs colorectales, du sein et de la prostate. Cependant, l’existence de ces mécanismes n’a pas clairement été démontrée dans le cas du NB.
Le présent projet a pour objectif de déterminer si l’oncogenèse du NB peut en partie s’expliquer par le remodelage aberrant de la chromatine. Nous utiliserons la technique de ChIP-seq (immunoprécipitation de l’ADN associé aux marques spécifiques de chromatine suivie par un séquençage haut-débit) pour obtenir les profils génomiques des marques H3K27me3 (marque de répression de transcription), H3K4me4 et H3K9ac (marques activatrices). Ensuite, nous déterminerons si certains gènes suppresseurs de tumeurs peuvent être éteints d’une façon récurrente dans le NB par des mécanismes épigénétiques. Notre approche permettra de découvrir la corrélation éventuelle entre la répression épigénétique et les pertes chromosomiques, ces derniers étant présentes de façon récurrente dans les NB agressifs. Nous étudierons également l’évolution des promoteurs bivalents (qui présentent simultanément les marques de répression et d’activation de la transcription dans des cellules peu différenciées) dans la transformation oncogénique des cellules de la crête neurale vers le NB. Les données obtenues seront également utilisées pour analyser la différence entre les profils épigénétiques des NB qui présentent ou non l’amplification de MYCN, le gène dont la protéine est potentiellement impliqué à la fois dans l’activation et la répression épigénétique de la transcription 7.
Ce travail devrait nous permettre de déterminer si des modifications épigénétiques jouent un rôle dans la survenue et le développement des NB.
1. De Brouwer S et al. Clin Cancer Res (2010) 16: 4353-62.
2. Janoueix-Lerosey I, et al. Nature (2008) 455: 967-970.
3. Janoueix-Lerosey I et al. Oncogene (2010) 29: 1566-79.
4. Sausen M et al. Nat Genet (2013) 45:12–7.
5. Wang C et al. Cancer Res (2012) 72:315–24. *
6. Calao M et al. Oncogene 2012.
7. He S et al. Front Oncol (2013) 3:1.

Dr Gudrun Schleiermacher, MD PhD, Dpt d'Oncologie Pédiatrique et INSERM U830, Institut Curie - Paris 30'230 CHF / 25'000€

Contribution à SIOPEN-R-NET réseau informatique hébergeant une base de données ( collaboration européenne).
Malgré les progrès le cancer est la deuxième cause de décès des enfant après les cuses traumatiques.Le neuroblastome est le cancer solide le plus fréquent chez l’enfant de moins de 5 ans,et le taux de guérison des neuroblastome de haut risque reste inférieur à 50% SIOPEN (Société internationale d’oncologie pédiatrique – Europe- Neuroblastome) est une association Européenne regroupant les différents comités nationaux travaillant sur le neuroblastome et ayant comme objectif principal une amélioration de la survie chez des enfants atteints de neuroblastome. SIOPEN-R-NET est un réseau informatique hébergeant une base de donnée qui est la concrètisation de cette collaboration européenne.. Grâce à cet outil des avancements importants dans la prise en charge du neuroblastome ont pu être effectués. Une contribution financière est demandée à l’association Hubert Gouin afin de permettre au comité neuroblastome Français de poursuivre cette collaboration.

Isabelle Janoueix-Lerosey, PhD, Directeur de Recherche Inserm U830, Institut Curie - Paris 36'260 CHF / 30'000€

Dissection des mécanismes moléculaires mis en jeu dans l’oncogenèse du neuroblastome dépendante du récepteur ALK activé.
L’activation du récepteur ALK a été mise en évidence en 2008 dans un sous-groupe de neuroblastome. Un premier essai clinique avec une molécule anti-ALK, appelée crizotinib, a confirmé récemment que le récepteur ALK constitue une cible thérapeutique intéressante dans le neuroblastome. Pour mieux comprendre le fonctionnement du récepteur ALK et disséquer les mécanismes moléculaires responsables des effets de son activation, nous allons mettre à profit nos modèles animaux « ALK ». Ce travail pourrait permettre d’identifier de nouveaux inhibiteurs de la tumorigénèse dépendante du récepteur ALK activé et de contourner des mécanismes de résistance au crizotinib déjà rapportés dans d’autres types tumoraux.

Dr Caroline Munzer, International Society of Pediatric Oncology, European Neuroblastoma Group (SIOPEN), Hôpital des Enfants - Toulouse 10'000€

Long-term results end follow up for infants with neuroblastoma treated according to ines protocols – INESFU Coordinator
The INES protocol was active between 1999 and 2004 to treat children younger than 1 year with neuroblastoma. The median age at onset of INES protocols patients, was about 6 months. For this reason, this population is a unique group to evaluate the toxicity of a treatment during an early stage of life and to study the natural history of neuroblastoma. All these patients have been treated very early with chemotherapy and/or surgery and/or high dose chemotherapy and/or radiotherapy that could have late-effects visible only when child has grown up. We want to analyze the long-term outcome of these 758 infants in the view to evaluate long-term disease free and overall survival, health status and the prevalence and type of late events in young children several years after diagnosis and treatment at earlier months of life. A good knowledge of late effects and survival of these patients seems important for providing appropriate follow-up in the future for early detection of and intervention for potentially serious late-onset complications.

Jean Benard, Praticien Hospitalier Biologiste – animateur du Groupe Neuroblastome Oncogénèse et différenciation CNRS-UMR 8126, Institut Gustave Roussy - Villejuif,France 8'000€

Neuroblastome & epigénome : impact de deux microARN soumis à empreinte, miR-487b et miR-516a-5p sur la progression tumorale
Au diagnostic, la gravité (ou non) d’un neuroblastome se fonde aujourd’hui sur le profil du génome tumoral. Les microARN sont des régulateurs de l’expression génique de la cellule normale. Dans les cancers, leur expression est très perturbée. En analysant une cohorte tumorale de neuroblastome de 231 patients, nous avons révélé que la combinaison de 2 microARN est un facteur puissant pour évaluer le risque. Subventionné en 2013 par la Fondation Hubert Gouin, le projet i) validera ces données à l’aide de cohortes françaises de neuroblastome distinctes , ii) explorera l’apport de ces deux microARN à la stratification de risque génomique, iii) étudiera leur implication, voire leur coopérativité oncogénique dans l’oncogenèse des neuroblastomes.

Pr Jean-Hugues Dalle - Service d’Hémato Pédiatrique, Hôpital Robert Debré 35'000€

ALL SCT ped 2012 FORUM : évaluation de la possibilité de supprimer l’irradiation corporelle totale du conditionnement pré-greffe des enfants transplantés pour LAL de haut risque
L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, encore appelée greffe de moelle à partir d’un donneur est utilisée en traitement des hémopathies malignes les plus graves. En pédiatrie, les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) sont les hémopathies les plus fréquentes. Les progrès réalisés dans leur prise en charge sont considérables, permettant de guérir plus de 80% des enfants avec de la chimiothérapie « conventionnelle ». Cependant, certains de nos petits patients sont atteints de LAL très agressives nécessitant une allogreffe dès lors que la rémission complète(RC) a été obtenue. D’autres rechutent et doivent alors être greffés en seconde RC. Entre 80 et 100 patients de moins de 18 ans sont allogreffés annuellement en France pour une LAL.
Les techniques d’allogreffe sont multiples, complexes et ont évolué avec les années et les équipes à travers le monde. L’analyse et la comparaison des résultats obtenus par les uns et les autres sont très difficiles. Dès lors, il est apparu extrêmement important de mettre en place un protocole prospectif multicentrique proposant un algorithme précis d’indications de greffe (en RC1 ou en RC2), de choix de donneur (apparenté ou non apparenté), de type de greffon (moelle, cellules souches périphériques, sang placentaire), de conditionnement en fonction de l’âge du patient et de son type de LAL, de prophylaxie de la maladie du greffon contre l’hôte(GvH) et de soins de support (antibiotiques, anti-viraux, monitorage des infections…). C’est le but que c’était fixé le groupe coopératif européen de greffe de l’IBFM dirigé par le Pr Christina Peters de Vienne (Autriche). L’objectif principal de cette première étude conduite de 2009 à 2011 était de répondre à la question suivante : Existe-t-il une équivalence entre un donneur intra-familial compatible issu de la fratrie et un donneur parfaitement compatible non apparenté en traitement d’une LAL en RC1 ou RC2 ?
Les résultats sont très clairs et « statistiquement significatifs » : à la condition de modifications de la prise en charge (alourdissement de la prophylaxie de la GvH), le recours à un donneur compatible non apparenté permet de donner à nos petits patients autant de chances de guérison que le recours à un donneur apparenté, même si cette dernière modalité doit demeurer le premier choix lorsqu’il est possible. D’autres questions ont trouvé une réponse : le recours à un donneur moins compatible (parent haplo-identique, sang placentaire compatible 4/6) demeure problématique et doit être réservé à certaines maladies particulièrement graves ; en situation intra-familiale comme en situation non apparentée, la moelle osseuse doit être préférée aux cellules souches périphériques pourvoyeuses de GVH chronique plus sévère. Nous avons aussi prouvé qu’il était possible de travailler ensemble à l’échelle internationale.
Nous devons maintenant réfléchir sur notre capacité à diminuer l’importance des séquelles liées à l’allogreffe. C’est l’objet de cette nouvelle étude qui souhaite évaluer la possibilité de se passer de l’irradiation corporelle totale (ICT) dans la préparation à la greffe des enfants et adolescents atteints de LAL. En effet, nous savons que l’ICT est pourvoyeuse de séquelles tardives plus fréquentes et plus sévères que celles entraînées par les chimiothérapies (cataracte, troubles de la croissance, secondes tumeurs). Il s’agit d’une étude internationale, multicentrique, prospective et randomisée comparant le conditionnement de référence associant une ICT et de l’étoposide à un conditionnement ne comportant que de la chimiothérapie (busulfan, fludarabine et thiotepa). Il est prévu d’inclure un millier de patients dans cette étude très ambitieuse coordonnée par le Pr Christina Peters. Toutes les garanties éthiques et scientifiques ont été prises de façon à assurer à nos patients et à leur famille la meilleure prise en charge possible selon les connaissances médicales de 2013.

Dr N. Gross - PhD, PD & M.E.R. - CHUV de Lausanne 15'720 CHF / 13'000€

The CXCR4/CXCR7/CXCL12 chemokine – receptor axis in the control of neuroblastoma growth and dissemination.
La présente étude a pour objectif d’investiguer le rôle dans le neuroblastome du nouveau récepteur CXCR7 ainsi que l’impact des interactions structurelles et fonctionnelles entre les deux récepteurs et leur ligand commun dans le contrôle de la croissance et la dissémination tumorales. Des résultats préliminaires indiquent qu’alors que l’expression de CXCR4 induit une croissance accélérée des tumeurs et qu’elle est associée à des tumeurs métastatiques et de pronostic défavorable, celle du CXCR7, encore mal connue, semble être associée à des tumeurs moins malignes et plus différenciées. De plus nous avons mis en évidence une diminution du taux de croissance des tumeurs qui surexpriment le CXCR7, ainsi qu’un contrôle négatif de CXCR7 sur CXCR4, à travers sa capacité de mobilisation compétitive du ligand. Dans ce projet nous tentons de vérifier l’hypothèse selon laquelle l’axe global CXCR4/CXCR7/CXCL12 exerce une régulation de la croissance, la dissémination et éventuellement de la différentiation du neuroblastome par l’intermédiaire d’un rôle compétitif et opposé des 2 récepteurs.